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| Réalisation |
Hideaki Anno |
Nb. Episodes |
26 |
| Production |
Gainax / Dybex |
Sortie Japon |
Octobre 1995 |
| Musiques |
Shirou Sagisu |
Sortie USA |
Avril 1997 |
| Chara Design |
Yoshiyuki Sadamoto |
Sortie France |
Février 1998 |
An
2000 : un gigantesque cataclysme ayant provoqué la fonte du
Pôle Sud provoque la mort de milliers d'habitants de la Terre et
dévaste une partie de la planète. Les gouvernements
mettront en cause la chute d'une météorite pour expliquer
ce qui sera appelé le "Second Impact".
15 ans plus
tard, l'humanité est parvenue à surmonter le Second
Impact, mais la Terre est maintenant secouée par
l’arrivée de créatures d’origine inconnue
appelées Anges. Ces Anges semblent avoir pris pour cible la
ville de Tokyo-3, fondée après le Second Impact, une
sorte de capitale-forteresse du Japon où est établie la
NERV. Celle-ci est une agence fondée par les Nations Unies, qui
a réalisé une arme, seule capable d'affronter les
Anges : l'Evangelion, ou humain de synthèse.
Seuls des
enfants de 14 ans peuvent piloter ces machines de guerre, ils sont
appelés Children. Ikari Shinji est l'un d’eux. Il est
précisément le fils du leader de la NERV, Ikari Gendo,
mais les rapports père-fils tournent au néant, pour ne
pas dire à l'indifférence, surtout de la part du
père. Suite à la mort de sa mère par accident lors
d'un projet secret, Shinji a été confié par
son père à un tuteur et ne le reverra plus
jusqu'à ce que... Gendo fasse appel à lui pour
piloter l'EVA-01, car il est selon lui, le seul apte à
manipuler le robot.
Shinji, de
par son caractère très introverti, refusera de prime, car
n'acceptant pas d’être un "pion" de guerre de son
père, mais acceptera finalement, après avoir vu que le
children qui aurait dirigé l’Evangelion était en
mauvais état.
C'est ainsi
que Shinji se retrouvera sur le front de la bataille contre les Anges,
livrant des combats qui le dépasseront souvent et qu'il ne
comprendra pas toujours. Il sera entouré dans sa lutte par
d'autres Children comme Reï et Asuka, ou encore de Misato,
commandante des opération de la NERV, chez qui Shinji logera.
Shinji
l'ignore, mais il est l'outil principal de ce qui semble se dessiner
comme étant la fin inéluctable de
l'humanité…
Ceci est l'évangile d'une nouvelle genèse.
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Il
n'y a, le long de la série, qu'un seul opening, et qu'un seul
ending. L'opening est une œuvre de Shirou Sagisu, s'appelle Zankoku na tenshi no teze,
et est d'une qualité exceptionnelle. Paraissant au premier abord
banal, on se laisse petit à petit séduire par cet air
à la fois lent et entraînant. La voix de la chanteuse
colle parfaitement à l'esprit, et ajoute un supplément de
profondeur à la mélodie entraînante de l'ensemble.
L'ending
quant à lui se contente d'un fond fixe, avec la Lune
(élément important dans Evangelion), et une musique
très douce, très différente, voire à
l’opposé de l'opening. Il est dans le ton de la
série, surprenant et original.
Au niveau
des inserts songs, la qualité de la majorité est
plutôt correcte, mais quelques un se dégagent. Prenons
pour exemple celui de l’épisode 24 qui est d'une
très grande justesse avec le contexte de l'épisode, et
qui rajoute en intensité à la tragédie qui se
déroule. Les musiques se fondent parfaitement dans l'ambiance de
la série et nous aident à nous y plonger. Elles restent
la plupart du temps au second plan. L'accent est laissé à
la série, et à ce qui s'y passe, plutôt qu'aux
musiques, et ce n'est pas plus mal.
Comme
toujours au niveau des voix, les VO correspondent vraiment avec les
personnages, si bien que ceux qui auront vu cette version ne pourront
plus écouter la version française. Shinji est
incarné par Megumi Ogata, qui ne doit pas vous dire
grand'chose, mais son application font que son interprétation
colle à l'esprit de Shinji. Misato, quant à elle, est
interprétée par Kotono Mitsuishi, qui a travaillé
également sur Gundam SEED (Maryu Ramius), Full Metal Alchemist
(Gracia Hughes), GTO (Urumi Kanzaki) ou encore Noir (Mireille Bouquet).
Son talent n'est donc plus à prouver, et elle incarne à
merveille Misato la sois disante exubérante.
Megumi
Hayashibara, interprète de Reï, a pu être entendue
elle-aussi dans d'autres animes tels que Cowboy Bebop (Faye Valentine),
Yu Yu Hakusho (Genkaï jeune), ou encore Love Hina (Haruka
Urashima). Son interprétation plutôt monocorde concorde
avec Reï, et lui donne même une dose de mystère
supplémentaire, renforçant l'aspect "sans-émotion"
de Ayanami.
On sent que
les interprètes japonais ont fait un effort pour se mettre au
niveau de l'anime, c'est à dire, à un très bon
niveau...
Episode 1, 21 minutes 15 secondes :
Gendo : Nous n'avons pas d'avenir si nous n'éliminons pas les Anges.
Fuyutsuki : Ikari, est-ce vraiment ce que tu souhaites ?
Gendo : [Sourire]
Et tout est lancé…
On peut
résumer Evangelion à un seul mot : mythique. Cet
anime est assurément l'un des plus grands jamais
réalisés, et l'on s'accorde à dire qu'il a
révolutionné, tout simplement, le genre mecha. La plupart
des animes présentés sur le site en ont subi l'influence
de plein fouet, ou y ont tiré une certaine inspiration, et ne
s'en cachent pas. Pour expliquer un tel éloge, il s'agit de
reprendre plusieurs éléments marquants de l'anime.
Allier une
dimension fortement philosophique et psychologique à un genre
mecha, voici le coup de maître réalisé par Hideaki
Anno (déjà reconnu avec Nadia et le secret de l'eau
bleue), et qui était très rares à
l’époque. Ainsi, chaque personnage est extrêmement
travaillé, possède une personnalité complexe, et
souvent cache quelque chose d'essentiel sur lui-même, que ce soit
Misato, Asuka, ou Reï.
Ikari est le
symbole même de l'anti-héros, celui qui ne voulait pas de
ce rôle. Sa célèbre phrase "Je ne dois pas fuir"
marque comme une évidence le constant problème de Shinji,
tiraillé entre son comportement naturel accès sur la
fuite, et celui qu'il doit adopter face au danger, une attitude de
guerrier.
L'on peut
dire que la sauvegarde du monde est placée sur les
épaules d'un enfant plutôt mal dans sa peau, qui n'a que
peu d'affinités avec le genre humain, et qui semble en constante
recherche d’une identité propre. De même, les
références religieuses sont nombreuses, notamment
l'appellation des Anges, ou, et encore plus marquant, l'apparition de
l'arbre des Sephirot dans le générique (extrait de la
Kabbale), ou enfin la référence fréquente aux
Manuscrits de la Mer Morte.
La
série semble, au départ, du moins dans les premiers
épisodes, prendre la direction habituelle des animes mecha, si
bien que les spectateurs les moins motivés se demanderont
où se situe l'aspect original et si extraordinaire que l'on lui
porte. Il faudra attendre quelques épisodes pour que la
série prenne réellement son envol et prenne place dans
une position introspective profonde envers le genre humain à
travers les principaux protagonistes.
La
deuxième partie de la série met fortement l'accent sur la
psychologie, certains combats contre des anges sont d'ailleurs purement
psychiques !
Nous irons
par la suite de mystères en mystères, tous
effleurés en surface dans l'anime mais jamais réellement
expliqué. Nous n'aurons que des bribes d'informations, voire
aucune. Souvent, ce sera au spectateur de se faire un avis sur la
question. Je prendrai pour exemple le Plan de
Complémentarité de l’homme, prôné par
Gendo et le Comité de Complémentarité de l'Homme,
qui sera ne sera jamais explicité précisément.
Plus
marquant encore, les questions se posent encore sur l'origine des
Anges, sur la nature réelle des Evangelions, sur le but
réel de la Seele et leur rapport avec les Anges, sur la raison
de la présence de Lilith dans le Geofront du Central Dogma,
transpercée par la Longue de Longinus, sur la relation entre
Sandalphon et Adam, et sur l'origine du premier… Beaucoup de
questions, peu de réponses, et des avis qui divergent.
La
série va provoquer un déchaînement des passions
comme rarement vu auparavant. Et pousseront les fans à parler de
"trahison" à propos des derniers épisodes !
Parlons
maintenant de ces deux derniers épisodes, les 25 et 26. Il
s'agit pour moi d'un vrai chef d'œuvre, et rangent à eux
tous seuls la série au panthéon des animes. Ces
épisodes sont extrêmement déroutants, car quasiment
composés uniquement de plans fixes, l'animation étant
absente.
Ils nous
présentent le Plan de Complémentarité
appliqué à chaque personnage principal de la
série, en se centrant par la suite sur Shinji, et ce, afin de
leur (nous) faire découvrir ce qui manque à leur cœur
pour enfin pouvoir réaliser leur essence.
Soyons
clairs : ces épisodes sont très complexes de par
leur structure, et semblent rébarbatifs aux yeux des fans purs
et durs, ou des fans néophytes, mais le fait qu'il ne
constituent pas la suite et la fin de la série, permet aux moins
courageux de s'en passer, même s'ils loupent alors un des plus
grands moment de la japanimation.
Evangelion
est une série immanquable pour les fans du genre mecha en
particulier, et de l'animation japonaise en général. Son
scénario d'une profonde richesse surpasse proprement tous les
autres animes du genre qui font pâle figure à
côté, pour la majeure partie. Tous ces
éléments placent Neon Genesis Evangelion en
référence incontestée du genre, classé
Meilleur Anime à l'Anime Grand Prix 1996 et 1997.
La série est disponible en France chez Dybex, et mérite amplement sa place dans votre vidéothèque.
Article
rédigé par Bobkill.
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